À coeur ouvert

Peine à perpétuité

J’ai pensé quand grandissant, dans mon cheminement je veux dire, la douleur cesserait d’être ce bourreau qui nous fait pleurer seule dans notre chambre.

Je ne sais pas comment vous réagissez, les mecs, face à la peine et au désarroi, à la douleur aussi. Mais nous les nanas, pour la plupart en tout cas, on court dans notre chambre. On commence par se jeter sur le lit. On fait l’avion qui s’écrase. On doit avoir ça en commun, vous et nous. Puis, des fois, au bout d’un moment, nos yeux ne coulent plus. Puis, des fois si! Alors on se redresse, on roule sur les fesses. On se recroqueville sur nous-même, les genoux contre la poitrine, mais on se sent seule. Alors on se desserre un peu pour accueillir notre grand compagnon de peine, le coussin.

Et là , on lâche les vannes. Toute larme est priée de s’éjecter en dehors de nous via les sasses de sortie que sont ces yeux qui nous font tant mal, qui brûlent avec tout ce passage. Le coussin, serré très fort, sert d’exutoire. C’est l’humain qu’on ne veut pas comprimer. Ou bien celui qui n’est pas là. Ou bien celui qu’on ne veut pas voir, surtout pas, la source du problème. Ce pauvre coussin est donc le buvard de tout ce mal. Il est heureux qu’il soit dépourvu de système nerveux et de sentiance.

Ici, il ne s’agit pas d’une personne mais d’un état, d’un ressenti, d’une oppression. Cette satanée foutue douleur chronique qui n’a de cesse de ne pas cesser! En trois ans j’ai cru, à plusieurs reprises, que j’étais sur le chemin de la guérison, mais nons. Fausses alertes, fausses joies. Ca n’a jamais été Noël, d’ailleurs son père n’existe pas.

La majorité du temps, pour ne pas dire quatre vingt dix pourcents, j’y crois. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour guérir et cherche comment l’agrandir. Mais il y a quelques jours alors que j’avais cru que tout irait enfin mieux. La douleur, l’horrible, a jeté de nouveau son voile sombre et étouffant sur mon existence.
Elle se fiche pas mal de la solitude qu’elle me jette en pleine gueule, des ralentisseurs qu’elle jette sur le chemin de mes projets, pourtant portés par un bon coeur. Elle s’en tamponne le coquillard si je ne suis que l’ombre de moi-même quand elle m’étouffe comme ça et m’empêche d’Amour et d’Amitié!

Je sais! Je sais qu’elle a un message à me délivrer. Mais je ne le comprends pas. De nombreuses fois j’ai pensé que j’avais craqué son code. Que je m’étais imité dans son cerveau et que j’avais gagné. Chaque fois j’ai cru avoir la clé de ses poignantes missives et que le traitement, enfin délivré, allait faire effet. Mais non! Je ne suis tombée que sur des brouillons qui m’ont mené à des placebos.

Et aujourd’hui, à 35 ans je suis seule, pas vraiment ma Solyne est tout prêt de moi, mais les humains sont loin. Je pleure tout en haut de mon immeuble peuplé d’inconnus, dans ma tour d’ivoire. Vous pourriez vous lever tôt pour me voir pleurer de douleur physique! J’ai cette chance d’être sacrément résistante! Mais là, aujourd’hui, jeudi. Je pleure car je ne sais pas comment faire sortir cette douleur assassine qui me ronge et m’éteint toujours un peu plus. Un jour deviendrai-je moi aussi une ombre?

Soso – Jeudi 10 Janvier 2019 – 17H12

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